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VOLET FESTIF DE L' A.G. Fenioux 26/01/14

 

DSC_9642 copieAprès l'assemblée générale, nous avons rendez-vous au château de Laléard (XVIème siècle), près de Saint-Hilaire-de-Villefranche, pour déjeuner. Dommage que la pluie incessante en ce dimanche ne nous permette pas d'apprécier le cadre et l'environnement de ce château. Le menu qui nous est servi nous fait oublier les intempéries.

 

Pour terminer cette journée, nous revenons à FENIOUX afin de visiter l'église et la célèbre lanterne des morts. Hélas, la pluie se fait plus dense, le vent souffle par rafales : difficile dans ces conditions d'apprécier les décorations extérieures de ces bijoux de l'art roman saintongeais.

 

LA LANTERNE DES MORTS

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La lanterne des morts de Fenioux, appelée aussi croix de l'Ouzanne, s’élève sur l’emplacement d’un ancien cimetière à la mémoire des défunts ; elle fut construite au XIIème siècle, puis classée Monument Historique en 1862. Cette lanterne est assise sur une base carrée, appareillée, dans laquelle s'ouvre la porte accédant à l'escalier. Un ossuaire, en partie démoli, était annexé au massif. Haute de 18 mètres, elle est formée de 11 colonnes, qui rappellent sans doute les onze apôtres restés fidèles au Christ. Un escalier en vis de trente-sept marches permet de monter au lanternon ajouré par l'intervalle de douze colonnettes supportant un toit en pierre en forme de pyramide quadrangulaire à quatre pans orné d'écailles en dents de scie et surmonté d'une croix. Sur chaque face existe un pyramidion surmonté d’une boule.

La lanterne s’élève sur ou auprès d’un ancien ossuaire ; traditionnellement elle était allumée au crépuscule, quand il y avait un mort dans la paroisse, afin de l’honorer, mais aussi pour guider les voyageurs ou les pèlerins attardés. Elle était aussi allumée lors des fêtes liturgiques (cérémonies et prières). Sa mission spirituelle était de " guider les âmes des disparus vers le repos éternel ou d’éloigner les mauvais esprits ".

La lanterne de Fenioux est contemporaine de l'église, sinon plus ancienne.

 

L'EGLISE NOTRE-DAME DE L'ASSOMPTION

(Construite aux 11ème et 14ème siècles, classée M.H. en 1840)

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Pour l'église, nous faisons le choix de visiter l'intérieur. A l'abri, nous écoutons la description que Mme Pierrette MEUNIER nous lit et nous profitons des commentaires de M. Maurice VIGNERON.

"L'intérieur de l'église porte les traces de modifications nombreuses et profondes. L'appareillage y est très divers. Des parties sont en blocage irrégulier ; d'autres en pierre de taille. Les fenêtres qui éclairent la

nef, laquelle n'a plus sa voûte, ont été percées dans le mur de blocage. Deux grands arcs aveugles reposent sur des colonnes à beaux chapiteaux, mais près de ces colonnes d'autres plus petites, massives et trapues, probablement très anciennes, ne supportent plus rien. Leurs volumineux chapiteaux sont très beaux.

Ces diversités rappellent que l'église élevée sur des murs en partie du XIème siècle et même antérieurs a été, en outre plusieurs fois revoûtée. La dernière couverture en date s'est effondrée en 1835. Au siècle dernier, une tribune occupait encore une bonne partie de la nef alors voûtée en ogive. Cette tribune s'appuyait précisément sur les colonnes courtes.

Les premières travées de l'église étaient étroites et de petits contreforts les étayaient à l'extérieur. Il en reste cinq au nord. Des travées plus grandes leur succédèrent quand il fut question vers la fin du XIIème siècle de couvrir la nef de coupoles. Il fallut ajouter des colonnes et à l'extérieur de gros contreforts qui ne sont pas à l'alignement des piliers qu'ils devraient buter.

Construite au flanc d'un coteau et presque isolée dans une région autrefois entièrement couverte de forêts, elle est sans doute l'aboutissement d'une suite de monuments qui avaient eux-mêmes succédé à d'autres : pierre celtique ou autel druidique. Elle doit marquer en tout cas un emplacement où se sont déroulées de très antiques scènes religieuses. On a trouvé dans le vallon quelques vestiges gallo-romains. Au Xème siècle existaient là d'importants bâtiments conventuels.                                                      

LE CLOCHER :

La première lanterne est formée de quatre fenêtres avec tympan et arcatures géminées posées sur de légères colonnes. A ses angles en pans coupés et soudés en quelque sorte à la lanterne, quatre lanternons d'une rare sveltesse chargent chaque coin de la plate-forme. Cette lanterne en porte une autre plus étroite et moins élevée, sorte de délicate couronne formée de colonnettes doubles qui reçoivent les retombées d'une petite arcature circulaire en plein cintre. Le dôme effilé qui termine le clocher est écaillé et légèrement renflé.

Cet ensemble se dresse sur la haute plate-forme d'une tour carrée à deux étages, dont le premier est simplement renforcé de contreforts plats aux angles et le second orné sur chaque face de deux longues baies aveugles en plein cintre.

EXTERIEURS :

Le portail, très profond, occupe tout le rez-de-chaussée. Il est abondamment orné et compte cinq larges voussures appuyées sur un riche bandeau formé par les chapiteaux des nombreuses colonnes des pieds-droits.

Le mur du pignon qui surmonte ce portail, en sérieux retrait sur l'avancée de la grande voussure, a sa base ornée de sept belles statues presque grandeur nature dont plusieurs sont malheureusement mutilées. La statue du centre représente un Christ enseignant et celle de droite peut-être une Annonciation. La tête de la statue est encadrée par un ange dans un nimbe qui forme en même temps modillon, les jambes sont curieusement croisées.

Au-dessus de cette ligne de statues, une fine corniche appuyée sur de gros modillons porte le pignon percé d'une large fenêtre en plein cintre entourée d'un rang de marguerites semblables à celles de la porte latérale. L'ensemble est encadré de deux fortes colonnes à chapiteaux très travaillés, têtes de série d'un alignement en pan coupé de sept autres aussi magnifiques formant contrefort d'angle, montant d'une large base jusqu'au sommet de la façade.

La première voussure est ornée d'un superbe zodiaque. A côté des noms des mois se trouvent les signes conventionnels et les figures correspondant à chaque occupation mensuelle.

Sur la deuxième, allongées dans le sens de l'arc, cinq Vierges sages et cinq Vierges folles encadrent un Christ. Un agneau pascal et des anges adorant occupent la troisième, tandis que, sur la quatrième, six Vertus terrassent les Vices. La cinquième enfin est ornée de feuillages.

La petite porte latérale qui s'ouvre sur le côté Nord comprend trois voussures en plein cintre appuyées sur des pieds-droits garnis chacun de trois colonnes à chapiteaux. Le grand arc est entouré d'un gros cordon à pointes de diamant. Deux des voussures sont recouvertes de feuillages en volutes ou en croix et celle du milieu de belles marguerites à huit branches perlées.

Se voit sur le mur sud une petite fenêtre de l’époque carolingienne garnie non de vitraux mais d’entrelacs de pierres très serrées et deux autres sur le mur nord remplies des débris de leur ancien remplissage.

Extraits du texte de Charles CONNOUË Les églises de la SAINTONGE

Extraits de l'Inventaire archéologique de l'arrond. de  Saint Jean d'Angély - Dr Jean TEXIE

 

Bravant la pluie et le vent de plus en plus fort et frais, nous faisons le tour de l'église pour nous rendre au cimetière où de nombreuses tombes anciennes retiennent notre attention. M. le Maire est fier de nous montrer un très beau columbarium en pierre de taille récemment installé.

 Considérant qu'il est inutile d'espérer une accalmie, et vu l'heure tardive, nous prenons congé les uns des autres, contents de nous être retrouvés avec toujours la même convivialité.

 Nous remercions celles et ceux qui ont participé à la préparation de cette assemblée générale, notamment M. et Mme MEUNIER, et également M. Maurice VIGNERON, Maire, pour son accueil et pour la mise à notre disposition de la salle de réunion.

                                                                                           Régis BERNET, le 28 janvier 2014